Nicolas Bergeron m’a donné rendez-vous dans un petit restaurant de Saint-Raymond, tôt le matin du 14 novembre. Il était accompagné de sa conjointe, Noémie Cloutier, de son frère, Olivier, ainsi que de ses deux amis proches, Michel Gariépy et Ludovic Pomerleau-Poulin. Tous faisaient halte avant que les quatre hommes, Nicolas, Olivier, Michel et Ludovic, ne prennent la route seuls vers la forêt,
Noémie demeurant en retrait pour les laisser vivre cette expédition autonome de trois jours. L’objectif : revenir une dernière fois dans cet environnement qui a façonné la vie de Nicolas et en ramener un mini-documentaire alliant réflexions, émotions et introspection.
UN PÉRIPLE ENTOURÉ DE PROCHES
Atteint d’un cancer incurable, Nicolas a vu son quotidien bouleversé au cours de la dernière année. Son histoire est désormais connue du public, mais il refuse que la maladie résume qui il est. Cette expédition représente pour lui un geste de résilience, une manière d’affirmer qu’il reste du sens à vivre, malgré tout, et qu’un dernier projet peut encore porter de la lumière.
Assis autour d’une table, il raconte avoir toujours été un habitué du plein air. Dès l’adolescence, il partait marcher seul dans le bois. « C’est un endroit où je suis bien, m’a-t-il dit. Je suis pratiquement né dans une tente. » À l’origine, il voulait simplement prouver qu’il pouvait toujours partir en randonnée et, comme il le dit lui-même, faire « un doigt d’honneur au cancer ». Puis l’idée a évolué : la randonnée est devenue un tournage documentaire, imaginé comme un espace de vérité, de calme et d’introspection.
LA FORÊT COMME ESPACE DE VÉRITÉ
L’emplacement a été choisi au cœur de la MRC de La Jacques-Cartier, précisément pour sa durée : trois jours, avec des distances adaptées à sa condition. Dans ce cadre serein, Nicolas souhaitait revisiter son parcours, parler de ce qu’il vit dans le moment présent et offrir un message d’espoir à ceux qui traversent une épreuve semblable. « Je veux que le documentaire soit positif. Même si on a eu des épreuves, il reste de l’espoir pareil », explique-t-il.
Il sait que l’expérience sera chargée d’émotions. Devant la caméra, il répondra notamment à des questions écrites par ses proches, qu’il découvrira sur place. « Les émotions risquent d’être vives, mais seul dans le bois, sans personne pour juger, elles vont être authentiques. »
UNE ÉQUIPE SOUDÉE
Chacun des quatre participants joue un rôle bien précis. Olivier voit à la nourriture, Michel coordonne l’excursion et Ludovic, vidéaste d’expérience, sera derrière la caméra. « Je voulais être entouré de bons amis », dit Nicolas. Il reconnaît toutefois que le retour sera probablement la partie la plus difficile de l’expédition.
« Je n’ai aucune idée de comment ça va commencer ou comment ça va finir, mais on va tous grandir un peu et se connaître davantage », a-t-il dit.
LA PROJECTION : UN MOMENT D’ÉMOTION ET DE PARTAGE
La projection du court-métrage, titré « Ma Dernière Expédition », a été organisée le 5 décembre dernier. 60 personnes ont comblé la salle. L’ambiance était festive, mais les convives étaient visiblement émues de ce à quoi il venait d’assister. Le documentaire d’une vingtaine de minutes, riche en émotions, mais animé d’une chaleur fraternelle, avait visiblement touché le cœur de tous.
Ceux qui n’ont pas eu la chance d’y assister peuvent le visionner sur le documentaire disponible sur la chaîne Youtube de Ludovic Pomerleau-Poulin. https://www.youtube.com/watch?v=y8ypHFMvY6A&t=269s
Photo
(De gauche à droite) Ludovic Pomerleau-Poulin, Michel Gariépy, Nicolas Bergeron et Olivier Bergeron peu avant leur départ en forêt. (Photo : Samuel Lachance)







